Charlie sans Siné

Les vacances me laissent plus de temps pour poster sur ce blog c’ est pourquoi j’ ai décidé de faire un billet même si je suis bien loin de Paris sur l’ exclusion par Philippe Val du dessinateur Siné de Charlie Hebdo pour avoir publié une chronique semblant au directeur de Charlie une chronique antisémité. Les propos de Siné sont certes un peux tandancieux mais , pour moi le but de Charlie n’est pas de publier du politiquement correct et , de plus Charlie se permet bien la moquerie sur d’ autres catégories sociales alors pourquoi pas sur le peuple juif. Loin de moi toute pensée de cotioner le moindre antisémitisme mais , je tiens juste à rappeler que la liberté d’ expression est fondamentale. De plus il s’ agit plus tôt selon moi d’ une diffamation à l’ encontre de Jean Sarkozy plus que de propos antisémite. De plus rappelons que Val avant la parrution de chaque numéro en tant que directeur de journal se doit de relire ce qu’il écris. Alors les propos de Siné sont certes tandancieux mais pourquoi le viré maintenant alors qu’il écris des chronique de ce type depuis de nombreuses années. De plus, j’ estime qu’il vaut mieux que ce type de propos reste des paroles plus tôt que de se transformer en acte.

Je vous invite à signer l’ appel de soutien à Siné qui pour moi n’est pas un antisémite tous ceux qui me conaissent et qui me lisent savent que je me bat contre toutes les formes de communautarisme d’atisémitsme et de racisme à travers mon engagement au sien de la société. Vous pouvez le faire en cliquant Ici
Je voulais aussi à ce sujet vous faire partager l’ article de Libé que j’ ai trouvé pas mal à ce sujet
uoi, Libé veut faire un portrait de Siné ! Je trouve ça gonflé.» Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo est furieux (1). «Quel pays pourri ! Je reçois des tombereaux d’injures et de menaces, alors que j’ai simplement voulu réparer une injustice.» Puis, vraiment en pétard, et pas loin de déraper, lui aussi : «Rendez-vous compte, pas un journaliste non juif qui me soutient.» Enfin, de nouveau patron : «Vous êtes journaliste, eh bien faites votre boulot. Mais regardez les dessins de Siné où il dessinait des enfants juifs.»

Bigre, l’heure est grave. Siné viré de Charlie, Siné taxé d’antisémitisme, Charlie en crise. Et Charlie, surtout, qui a perdu toute trace d’humour. Marchons donc sur des œufs. Et pourtant, quelle guignolade ! Comment prendre au sérieux ce conflit de l’été qui ressemble plus à un vieux règlement de comptes qu’à une remise en cause des grands principes de l’humanité ?

Siné, le vieux Siné, le méchant Siné ! Il a 79 ans, il vous accueille dans sa petite maison fleurie à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Il est en pleine forme. Le livreur d’oxygène débarque avec une nouvelle bonbonne. «Depuis quelque temps, on m’a trouvé une saloperie aux poumons», dit notre accusé. Pas de quoi l’inquiéter : «Je suis un teigneux. Ma vengeance, je ne la mange pas froide. Et Val, je vais le faire chier. Me virer pour antisémitisme, moi !» Et rigolard : «Qu’il fasse gaffe, avec l’oxygène que je me fous dans le nez, je ne suis pas prêt de mourir.»

Dans la galaxie des dessinateurs politiques, Siné est un roc. Toujours le même, toujours provocateur. Ce mercredi, il porte un tee-shirt qui lui va à merveille : «Fuck la mode.» Et pour les malentendants, il insiste : «J’ai une forme éblouissante.» Il revient pourtant d’un séjour «payé par la Sécu» aux thermes de Brides-les-Bains (Savoie) : «J’avais 15 kilos à perdre, parce que c’est dangereux pour mes poumons. J’en ai perdu 8, à boire un verre de 30 cl d’eau chaude, avant chaque repas. Dégueulasse. Mais ça marche.» C’est là-bas, entouré de femmes obèses en quête de régime, qu’il a écrit sa chronique fatale pour Charlie. Siné a des habitudes. Il lit la presse, met de côté des infos. Il écrit à la main, scanne le tout et l’envoie par mail.

«Le truc du fils de Sarkozy, je l’ai lu et mis de côté.» Siné n’est pas idiot. Il se doutait bien que son directeur allait faire la gueule. «Mais pas pour ça ! C’est pour l’affaire Denis Robert. Val avait fait un papier ordurier. Il y a quand même d’autre combat que de dire que Denis Robert est un mauvais journaliste d’investigation. D’où mon paragraphe où je disais que j’avais été censuré.» Et de Brides-les-Bains, il écrit ces quelques lignes : «Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit.»

Les jours passent et rien ne se passe. Selon Philippe Val, avant publication, il a juste lu le premier paragraphe : «Encore les merdes de Siné», s’est-il dit. Quelques jours plus tard – alerté par un journaliste duNouvel Obs, et par l’avocat du journal qui craint un procès -, le directeur du journal tempête. Demande à Siné de présenter ses excuses. «Mes couilles»,lui répond Siné. On connaît la suite. Pour Val, Siné s’est mis hors du journal. Mais cela ne se passe pas tout à fait comme prévu. Comme une marmite qui ne se retient plus, pleuvent des réactions de soutien pour le dessinateur, couplées d’attaques contre Val, son pouvoir étouffant et ses amitiés paillettes.

«Depuis la mort de Gébé, Val voulait ma peau»,s’amuse Siné. Siné qui n’a pas que des bonnes idées. Il participa au comité de soutien à la liste Euro-Palestine de Dieudonné, à la fureur de ses amis. Siné qui adore emmerder. Siné qui raconte que presque tous les lundis il a droit à des coups de fil de Val ou de Bernard Maris, pour des expressions jugées trop brutales dans sa chronique. «Une fois, j’avais écrit que si les Israéliens continuaient leur politique à Gaza, il y aurait de plus en plus de kamikazes. Val m’appelle, me dit que je “justifie les kamikazes”, je rajoute un petit truc.» Val : «Siné, on le surveille. Si je l’avais lu, le papier ne serait pas passé.» Le même Val, en 2000, dans une préface au livre du dessinateur, écrivait, dithyrambique : «Un conseil aux anti-Siné qui voudraient le rester : n’ouvrez pas ce livre. C’est marrant, enthousiaste, communicatif, et dans cinq minutes, vous allez dire : “Je rêve ou quoi ? Mais je l’aime ce mec.”»

Un jour génial, un autre antisémite. «Je lui demandais juste des excuses, il avait blessé des gens», s’énerve Val, qui devait savoir que réclamer des excuses à Siné, c’était comme lui demander de «perdre ses couilles». Car Siné, c’est tout, sauf le monde des excuses. C’est l’univers de la colère, de l’outrance, de la gueulante, du talent aussi. Siné, c’est le Gavroche des rues, le petit gars de Ménilmontant. Sa vie ? Il boit, gueule, emmerde «les cons», et dessine à merveille. Plutôt que de faire son service militaire, il va le passer en cellule. Il lance en 1959 «Les chats». Puis le voilà à l’Express, comme dessinateur politique. On est en pleine guerre d’Algérie. Il dit : «Violent. Mais jamais censuré, malgré de nombreuses plaintes. Je ne les compte plus.»Il tape sur tout, sur le colonialisme, sur de Gaulle, les religions, les militaires, Dieu, la bêtise. Il lance son journal Siné-Massacre. «Sept numéros, neuf procès.» Dont le dernier pour «outrage aux bonnes mœurs». En 1985, suite à un dérapage radio-alcoolo, Siné sera condamné pour antisémitisme malgré le retrait de sa plainte par la Licra.

«Les lettres d’insultes, ça me met en joie. J’en ai rien à foutre.»Mais quand même, ne s’est-il pas trompé, en soutenant Fidel Castro, Boutlefika ? «Je n’y peux rien s’ils sont devenus des crapules. J’ai même été pro-Mao. Si j’avais été plus jeune, j’aurais été stalinien.» En 1974, il intègre la première équipe de Charlie. «Au début, Charlie n’était pas trop mon truc. Pas assez politique. Moi, je suis prolo, j’aime pas qu’on se foute de la gueule des prolos, j’ai de la tendresse pour eux. Je reconnaissais un peu mon père ferronnier ou ma mère épicière, et j’aime pas qu’on se foute de leur gueule.» Mais il y est bien, adore Reiser, Cavanna, Wolinski, Caster, Gébé… «Putain, Willlem, la qualité de son dessin. Et Reiser ? Un génie, pas démodé d’un pet.»

En 1992, il participe à la relance de Charlie Hebdo qui s’était arrêté. Philippe Val est à sa tête. «Val, il a des qualités de patron, ça s’est sûr. Et il voulait faire du nouveau Charlie un truc comme le Nouvel Obs.» Puis : «Ça met du beurre dans les épinards, 750 euros par chronique, c’est bon à prendre.» Siné qui ne change pas. Il se moque des nationalistes corses : sa maison dans l’île de Beauté en est complètement détruite.

Mercredi 23 juillet, Charlie paraît. Sans Siné. Il a envoyé une chronique sous le titre : «Je ne partirai que par la force des baïonnettes.» «Ça sert à rien, mais je suis triste», lâche le dessinateur Charb, ami de Siné et soutien de Val. Quelle époque formidable !

Une réponse vers «Charlie sans Siné»

  1. Antisemitisme dit :

    Léger :)

Laisser un commentaire